Depuis la visite de Nicolas Sarkozy en Corse, la démarche de mise au pas de notre peuple est
passée à la vitesse supérieure.
Après avoir annoncé clairement que la seule politique
de son gouvernement à l’égard de la Corse serait celle
de la trique, après avoir humilié les élus de l’Assemblée
de Corse présents dans l’hémicycle durant son discours,
après avoir mis un terme brutal à tous les espoirs de
dialogue que certains Corses nourrissaient, le président
français (bénéficiant du soutien inconditionnel de
Messieurs Zuccarelli et Chevènement) a commencé une
nouvelle campagne de dragonnades à travers l’île pour
tenter de transformer par la force les Corses en Français.
Manifestement, les juges politiques et les milices spéciales
envoyées dans notre pays ont eu carte blanche de la façon
la plus explicite. En Corse, tout leur est désormais permis :
des dizaines d’arrestations sans poursuites uniquement
destinées à alimenter un fichier ADN des nationalistes
corses ; dans le Fiumorbu, une rafle menée au moyens de
forces disproportionnées destinées à frapper les esprits
et à terroriser la population ; près d’Aiacciu, un père de
famille roué de coups chez lui devant ses enfants, alors
qu’il ne résistait même pas à l’interpellation…
L’injustice même de telles agressions n’est pas cachée,
bien au contraire. Cette injustice évidente est utilisée
comme une arme destinée à faire peur. Le message est
clair : aujourd’hui, aucun Corse n’est à l’abri, comme on
l’a vu dans l’affaire d’Aleria, où une intervention policière
d’une brutalité inouïe a visé une personne sur laquelle ne
pouvait peser aucun soupçon sérieux. Le fait qu’il n’était
pas nationaliste, comme cela a été remarqué par certains
observateurs, ne devrait pas constituer un argument
supplémentaire. S’il l’avait été, l’exaction dont il a été
victime aurait-elle été justifiée ?
Il est vrai qu’en réalité, les militants nationaux sont
particulièrement visés, et en leur sein, ceux qui résistent
à Paris avec le plus de constance et d’énergie : dans
l’affaire du Fiumorbu, dans l’affaire d’Aiacciu, il s’agit bien
de militants de Corsica nazione Indipendente, parti n’ayant
jamais fait de concession au système français. Il n’en a
pas fait à l’époque de Bonnet, il n’en fera pas davantage
dans la période tout aussi noire qui s’ouvre aujourd’hui.
Pourtant, la résistance ne doit pas être le fait des seuls
militants de Corsica Nazione Indipendente mais de tous
les Corses. Même les plus rêveurs de nos compatriotes
ont à présent compris que la politique de la main tendue
relève, dans le meilleur des cas, de la méthode Coué.
C’est la raison pour laquelle nous appelons à la résistance
tous les Corses qui refusent la mise en coupe réglée de
leur pays. Nous les appelons aussi, parce que c’est la
moindre des choses, à exprimer, comme nous le faisons
nous-mêmes, leur solidarité avec tous ceux qui luttent
pour la Corse, quale sia a manera.
Corsica Nazione Indipendente